le dessin animé, un lieu pour renaître

Le dessin animé, un lieu pour renaître.

 

Le dessin animé  a eu une grande importance, tout au long de ma vie, et continue d’en avoir à présent.

 

Tout d’abord, il y eut une expérience fondatrice, originelle et originaire, le Livre de la jungle des Studios Walt Disney.
Ce film, peut être le premier que je vis, avec 20 000 lieux sous les mers, a été une expérience capitale et fondamentale pour moi, et , d’une certaine façon, l’est encore à présent .

C’était la première fois que je voyais une œuvre où je me sentais directement concernée, une œuvre dont j’avais l’impression qu’elle s’adressait à moi en tant que personne, une œuvre qui parlait autant à mon cœur qu’à mon esprit. D’une certaine manière, cette histoire d’un enfant-loup, élevé loin des hommes et qui, grâce à l’amitié et à son courage et son intelligence, allait parvenir à dénouer toutes les situations périlleuses auxquelles il était confronté et à rejoindre finalement ses semblables, me parlait aussi de moi, sans que je m’en rende compte et de ce qu’allait être ma vie.

Ce film fut pour moi mon premier tuteur de résilience et sans doute l’un des deux plus importants, et tout ce que j’ai fait, fais actuellement ou ferai, est inspiré, de près ou de loin, par ce que j’ai retiré du Livre de la jungle.

 

Une autre rencontre fut fondatrice pour moi, celle des dessins animés japonais, particulièrement ceux des Studios Ghibli. Alors que j’étais en complet désarroi émotionnel et en pleine recherche de ce qui pourrait me donner le sentiment d’exister pleinement, comme un être de raison et d’émotions, ces films surent me montrer la voie pour me reconnecter avec mon côté émotionnel et avec ce qui comptait vraiment pour moi.

Les films de Myazaki et de Takahata en particulier sollicitèrent en moi des émotions que je croyais avoir oubliées et enfouies à jamais en moi, chaque nouveau film que je voyais étant l’occasion d’aller plus loin dans cette découverte. Après chaque séance, je me sentais toujours plus émue et bouleversée et toujours un peu plus vivante et heureuse de l’être. Vraiment, ce cinéma d’animation là fut l’occasion inespérée mais tant attendue d’une véritable renaissance sur tous les plans, émotionnel, bien sûr, mais aussi physique et intellectuel. Mon esprit, de nouveau connecté à mes sensations corporelles et à mes affects , se révéla vite beaucoup plus vif et alerte que pendant la longue période de marasme que j’avais connue plusieurs années durant. J’étais en train de redevenir, par la grâce du cinéma japonais, un être de chair et de sang, qui ressentait et pouvait de nouveau exprimer ses émotions  et sentir son corps et son esprit pleinement en vie.

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L’image, un pont entre les êtres

L’IMAGE, UN PONT ENTRE LES ÊTRES.

L’image qui soigne, l’image qui peut soigner, c’était déjà pour moi une expérience et une conviction et cela l’est plus encore après avoir le témoignage de la maman de Théo. https://lamainaloreille.wordpress.com/2015/03/31/renaitre-aux-cotes-de-kirikou/
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=18446.html
fiche du film kirikou.

L’image, en effet, a le pouvoir de chercher et de susciter le désir de la rencontre avec l’autre, quand rien ni personne ne paraît pouvoir atteindre une personne enfermée dans son monde interne.
Le photolangage, médiation par l’image photographique d’origine lyonnaise, est aussi une méthode connue pour faire s’exprimer sur des sujets variés des populations qui, souvent en difficulté, sans ce recours à l’image ne pourraient pas s’exprimer, ou du moins avec beaucoup plus de difficultés. L’image, ici la photographie, arrive à mobiliser des ressources et à toucher des zones d’affects et d’émotions souvent ignorées des gens eux- mêmes.
C’est un peu la piste suivie par la psychologue Christine Ulivucci , dans son étude des photos de famille, utilisées dans une perspective transgénérationnelle.http://www.franceculture.fr/emission-du-cote-de-chez-soi-que-nous-racontent-les-photos-de-famille-2014-06-29 Dans son étude, Ces photos qui nous parlent, Une relecture de la mémoire familiale, publiée chez Payot en 2014, Christine Ulivucci explique comment la relecture des photos de famille par ceux qui sont concernés les aide à mieux comprendre leur rôle et leur place dans cette famille, et les dynamiques inconscientes qui y président.
L’image permet d’apercevoir des choses, qui, sans cela, seraient passées inaperçues et même peut être surtout des choses qui ne se voient pas. Dans l’image, le hors champ est aussi, voir presque plus important, que ce qui peut s’observer de façon figurée. Pour le dire autrement, l’image, ici la photographie ou le dessin animé, possède de façon étonnante le pouvoir de susciter la rencontre avec l’autre, qu’il s’agisse d’une rencontre avec soi- même dans ses dimensions inconscientes, ou bien la rencontre avec d’autres que soi, avec des membres de la communauté humaine. Dans le cas de Théo, la rencontre avec ce personnage de dessin animé, si différent de lui par le caractère et par le contexte culturel dans lequel il vit, a provoqué en lui un choc salutaire. Cette première rencontre avec d’autre-que-soi, peut être que pour ce garçon, ou d’autres enfants également enfermés en eux- mêmes, rien d’autre qu’un dessin animé, et encore plus un dessin animé porté par des valeurs de tolérance et de courage, ne pouvait susciter en lui l’étincelle de vie et de désir.
Un dessin animé parle à l’enfant en nous, quel que soit nôtre âge, il n’y a pas d’âge ainsi pour voir et revoir le Roi et l’oiseau, dessin animé de Paul Grimault sur des textes de Jacques Prévert les valeurs défendues par ce dessin animé, crée en 1980, sont toujours d’actualité.http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Roi_et_l%27Oiseau Et les dessins animés des studios Ghibli, et particulièrement ceux de Hayao Myazaki, portent actuellement toujours haut les valeurs de l’humanisme et de la tolérance, avec toujours chez Myazaki et chez les Japonais en général, cet amour et ce respect profond de la nature. http://fr.wikipedia.org/wiki/Hayao_Miyazaki
Face au rouleau compresseur et à la production de masse de dessins animés ultra-violents et/ ou faits à la chaîne, et vendus comme des boîtes de savonnettes, les dessins animés comme ceux de Michel Ocelot, l’auteur de Kirikou, ont toujours ce pouvoir de nous émouvoir de façon très profonde, voire de nous ramener à la vie. C’est dans cet esprit que Gaele Regnault a créé Kirikou et les enfants extraordinaires, une application pour les enfants autistes. http://www.serious-game.fr/kirikou-et-les-enfants-extra-ordinaires/
« : Kirikou est un enfant curieux du monde et des humains, compréhensif et bienveillant ce qui permet aux enfants trisomiques, autistes ou présentant des difficultés d’apprendre avec des valeurs qui leur parlent. Le réalisateur du dessin animé, Michel Ocelot, a accepté de céder les droits gratuitement. Cela permet d’offrir aux enfants un univers enchanté dans lequel ils se plongent volontiers. »
L’image, ainsi, sur différents supports, nous prouve une fois encore combien, employée et utilisée à des fins humanistes et d’ouverture à l’autre, elle peut être un puissant instrument d’éveil à ce qui nous fait humain et permettre de créer des liens entre les êtres.