Le paysage, le sonore, le silence et le bruit.

Le paysage, le sonore, le silence et le bruit.

Dans cet article, je voudrais m’intéresser à ce qui rapproche deux types d’observation et d’enregistrements de l’environnement naturel, à savoir la photographie de nature et le métier d’audionaturaliste.

Un photographe de nature peut être aussi un observateur de la vie animalière, du paysage, de la flore et des arbres ou bien les trois à la fois, et, si il y a certaines différences dans ces trois domaines de la prise de vue, il y a aussi nombre de caractéristiques communes. Un audionaturaliste, profession sans doute beaucoup moins connue du grand public, est quelqu’un qui a dédié sa vie à l’enregistrement des sons de nature. Je vous encourage tous vivement à vous rendre sur les sites de quelques audionaturalistes français comme Fernand Deroussen1 et Marc Namblard 2 pour prendre connaissance de cette profession méconnue mais ô combien passionnante.

Ce qui rassemble ces deux professions pour ce qui est de l’expérience de l’observation naturaliste, c’est la nécessité de l’attente, du silence et de la non intervention.

Pour le photographe, ce sera la quête de la belle lumière sur une fleur ou un paysage, l’attente dans l’affût du passage de l’espèce animale convoitée ; pour l’audionaturaliste, l’attente de la période de l’enregistrement voulu ( par exemple les chants d’oiseaux à l’aube ou bien ceux des oiseaux de nuit), ce qui nécessite, comme pour le photographe voulant capturer un lever de soleil ou un coucher de soleil notamment, d’ être sur place quelque temps avant pour tout mettre en place et que tout soit prêt le moment venu.

Ce qui importe aussi, c’est l’absolue nécessité du silence et de la non intervention. Pour l’enregistrement sonore, c’est une évidence mais pour le photographe aussi. Une espèce animale qui entendrait du bruit ne viendrait pas et pourrait même quitter définitivement les lieux, si elle s’estimait trop dérangée par l’homme. C’est ainsi que, régulièrement des photographes inconscients ou qui sont préoccupés avant tout par leur soif de prédation de la nature et donc peu préoccupés par une éthique de l’observation naturaliste, font fuir par exemple des tétras lyre de leur place de combat ou bien sont la cause du départ d’oiseaux de leur nid ( pour une espèce très convoitée comme les martins pêcheurs par exemple) ce qui peut induire un vrai dérangement de ces espèces animales et parfois les conduire à leur perte.

Une autre caractéristique commune aussi à ces deux professions, c’est un sens aigu de l’observation et pour l’audionaturaliste, un sens de l’écoute particulièrement développé. Le photographe et l’audionaturaliste aiment à observer la nature et en ont ou acquièrent au fur et à mesure une grande connaissance. Marc Namblard est ainsi guide naturaliste et audionaturaliste et il explique sur son site en quoi ces deux professions se rejoignent et se complètent. Une éthique sans faille à l’égard de la nature animent aussi les vrais pratiquants de ces deux métiers, et souvent, un photographe de nature, par exemple, préférera se retirer ou ne pas revenir sur un site, s’il estime que sa présence nuira trop aux espèces présentes sur ce lieu.

Un goût pour la vie sauvage, pour un environnement non encore trop anthropisé, animent également audionaturalistes et photographes de nature, mais ces espaces de vie encore un peu à l’écart deviennent de plus en plus rares et, de nos jours, il arrive peu souvent de trouver des endroits où ne passent pas de voitures et où les passages d’avions dans le ciel soient peu fréquents. La plupart du temps, les seuls moments où l’on peut pratiquer une observation naturaliste un peu indemne de présence et de bruits humains sont l’aube et la nuit. Après, le tumulte reprend reprend son cours, sauf en quelques endroits de campagne ou de montagnes préservés, mais qui deviennent de plus en plus rares.

Je crois fondamentalement que tous les observateurs et pratiquants pacifiques de l’environnement naturel auraient intérêt à mieux se connaître et s apprécier, à confronter leurs expériences de la vie sauvage, afin de sauver ce qui peut encore l’être. La maison Terre brûle et ses occupants avec, préoccupons nous en avant qu’il n’y ait plus rien à préserver, et que nos yeux pour pleurer.

1 https://naturophonia.jimdo.com/accueil/naturophonies-1/

2https://www.marcnamblard.fr/Accueil

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s