La vidéo, un art total

J’ai souvent dit combien la photographie était une expérience océanique, faisant appel à tous les sens, mais il est un art qui, lui, convoque tous les sens de  manière plus immédiate et plus immersive, il s’agit de la vidéo.

Je parlerai ici de la vidéo, et non du cinéma, car je m’intéresserai ici beaucoup à ces brefs petits films, de quelques minutes, que l’on trouve sur les sites de partage de vidéo, et des vidéos sur la nature.

 

En effet, ces courtes vidéos, comme les time-lapse de paysage, proposent une  expérience d’immersion différente de  celle du cinéma. Une  grande  partie de leur intensité et de leur succès vient, je pense, de leur brièveté. Ces vidéos sont des espèces d’hapax, des moments uniques, comme sont uniques les évènements qu’ils représentent (jamais un lever de soleil, jamais une aurore boréale n’est strictement semblable à une autre). Ces time-lapse, de par leur  mise en œuvre technique déjà, sont une condensation  de l’expérience vécue par un homme ou d’une femme. Ces moments- là, un lever ou un coucher de soleil, ou une nuit passée à observer ou à photographier les étoiles et la voie lactée, sont déjà des moments forts en émotion pour celui ou celle qui les vit. Ce sont des expériences qui marquent, qui s’éprouvent et se vivent avec une intensité décuplée par rapport au cours ordinaire de la vie. Tout alors fait signe et sens, on voit, on écoute, on respire, on toucherait presque le  soleil et les étoiles. Faire un time-lapse et rester  1 heure ou plus dans la contemplation de la nature et du ciel est une expérience méditative et immersive par  excellence, où tous les sens sont sollicités et communiquent entre eux.

 

Et cette intensité se retrouve souvent dans la réalisation, si du moins le réalisateur a prêté autant de soin à sa vidéo qu’à la prise de photo. Trop de photographes négligent la bande son en particulier, et s’imaginent que n’importe quelle musique peut convenir du moment qu’elle leur plaît.

Or, cette étape de  la mise en son est aussi importante que la mise en image. Déjà, on peut soi- même enregistrer les sons d’ambiance, au moment de la prise de vue, ou bien lors de circonstances analogues. Ensuite se poser la question de mettre ces sons ou non, et d’y adjoindre ou non de la  musique. Pour immerger le spectateur pendant quelques minutes dans cette expérience totale qu’est un time-lapse, il est absolument nécessaire que la bande sonore participe à cette expérience d’enveloppement, et qu’elle  lui soit donc totalement adaptée.

Réaliser un time-lapse est un peu comme réaliser un haïku, cela doit être bref, intense et dense, et chaque élément doit être rigoureusement pensé et à sa place. On n’oublie pas les haïkus des grands maîtres, si condensés soient-ils ; de même un time-lapse, ne durerait-il que 20 ou 30 secondes, doit être une expérience qui ne s’oublie pas.

C’est à cette condition, exigeante, que l’art de la vidéo peut réellement devenir un art total et une expérience humaine unique.

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